
Conte tiré du Talmud
Au temps du prophète Ezra, après que les enfants d’Israël furent revenus de leur cruelle captivité à Babylone, les anciens décidèrent de reconstruire le temple. Et quand le temple fut prêt à être consacré, ils se jurèrent de chasser l’Esprit du Mal une fois pour toutes, de sorte que le peuple du Seigneur puisse vivre sans la tentation.
A peine tous les hommes avaient répandu les blés pour la cérémonie qui placerait les commandements du Seigneur au-delà de toute violation, une grande forme bestiale formant un nuage de fumée et de soufre s’éleva du sol du temple. Aucune personne présente ne pouvait manquer de reconnaître que le Mal en soi dans toute sa monstruosité se tenait devant l’assemblée des fidèles.
Dans la bataille qui s’ensuivit, il n’était nullement assuré que les anciens de son peuple et les prêtres l’emporterait. Mais à la fin, l’Esprit du Mal commença à faiblir et il devint possible de contenir l’être redoutable dans un vaste réceptacle en métal qui avait été préparé pour son emprisonnement éternel.
De cette façon, le mal fut retiré du monde et grand fut la célébration qui suivit.
Mais quand ils sortirent dans le monde le premier jour après avoir définitivement triomphé du Mal, ils s’aperçurent que les feuilles et les fruits avaient disparu des arbres et que les oiseaux avaient cessé leur chants. Et plus tard, au printemps de cette année-là, ils virent avec horreur que les récoltes avaient cessé de pousser et que les fleurs ne s’épanouissaient pas. Les vaches, les brebis et les poules cessèrent de procréer, et il en fut de même sous leurs propres toits,
hommes et femmes se trouvèrent si déplaisant que le lit conjugal devint froid et que, dans cette année-là, pas, pas un enfant ne fut engendré.
"Nous avons mal agi, proclama enfin le grand prêtre. Vite, délivrons l’esprit du mal de sa prison". Ce qu’ils firent en toute hâte. Aussitôt, le monstre s’enfuit dans les bois les plus proches, rageant et blasphémant.
Au même instant, les oiseaux s’éveillèrent et se mirent à chanter, les arbres déployèrent leur frondaison, les moissons furent hautes dans les champs, et hommes et femmes sentirent l’amour s’épanouir entre eux.
Alors, le grand prêtre se leva et parla, " Ainsi nous avons appris l’enseignement du prophète Isaïe : « Hors de moi, il n’y a rien… Je suis l’Eternel, moi et nul autre ; je forme la lumière et je crée les ténèbres. Je fais la paix et je crée le Mal : moi l’Eternel, je fais tout cela «